09.06.2006

Le jour de l'anniversaire de ce blog

Il y a pile un an... Je commençais ce blog...
Il m'a emmené bien loin, il a ouvert des voies flouées par les mots. Il a accompagné de jolies joies, et a ouvert des maux. On fête son anniversaire... Et Linotte m'aidera sans doute à tout sauvegarder pour ne plus revenir en arrière.

Biz à vous tous...

Et non... Je ne reprendrai pas la plûme. L'oiseau les garde pour lui. La libellule est tranquille, comme ce week-end au bord de l'étang, près d'un merveilleux gîte où des amis bavardent, tout à côté, où les dés sont lancés, où un enfant va naître, et où l'on fait la fête.

22.09.2005

C'est l'adieu...

Décision prise : j'arrête ce blog.
Vous connaissez toutes les raisons : besoin de garder mes secrets, de protéger ma vie, d'économiser mon temps...
Une autre, maintenant : une page est tournée...
Vous savez aussi que cela me sera difficile. Arrêter d'écrire, de vous confier mes pensées, d'avoir vos réponses si réconfortantes, si touchantes, parfois... Ne plus partager en clin d'oeil mes petits jeux. Qui nous amusaient et nous rapprochaient... Me placer de nouveau loin de vous : Vous ne saurez plus au jour le jour ce que je deviens, mais on pourra s'écrire de temsp en temps ou s'appeler ????

La Libellule sera un souvenir, une période de cette étonnante année de mes 33 ans. Je reste un peu elle, mais je suis bien plus encore moi. Je vais tout faire pour conserver en moi sa jolie joie, sa vive envie de vie. Et être aussi en respect de ce que je suis, dans la réalité.
Maintenant, je veux espérer commencer un nouvel avenir. Et je ne veux pas risquer mélanger le passé à cet espoir, ni le virtuel et le réel, ni mes secrets à ces tentations de trop s'épancher...

J'ouvrirai peut-être un nouvel espace. Pour continuer à accompagner, mais bien plus discrètement, ma nouvelle vie.
Un blog nouveau, juste pour les films, les livres, les musées à vous faire partager. Et continuer à vous montrer mes dessins...
Je vous dirai...
J'ouvrirai peut-être un autre espace, mais fermé, avec un code d'accès, uniquement pour toi et moi.
Je ne sais pas...

Désolée de vous décevoir. Désolée de vous dire au revoir. Merci de votre fidélité et de vos encouragements. Retrouvons-nous dans la réalité...

21.09.2005

Je voudrais le revoir n°2 : la double vie de Véronique

A peu près à la même époque que Bagdad Café... Je vois La double vie de Véronique à la télé. Seule. En journée.
J'ai un espace qui ne m'appartient pas autour de moi. Une pièce dans la maison des parents, dont j'ai envie, de plus en plus, de m'éloigner, pour construire mon propre univers. Je m'installe, en pleine journée, prête à tomber dans une bulle rien qu'à moi, pour regarder ce film. Kieslowski. Avant les autres chocs du même auteur: Bleu, Blanc, et surtout Rouge.
Je m'installe, naïvement. De quoi grignotter à côté. Mes travaux mis en parenthèse pour quelques temps. Juste le temps de me faire une idée, et de me les changer...
Comme pour Bagdad Café, et Arizona dream dont je parlerai demain... J'ai pris un départ nouveau avec les images, grâce à ce cinéma.
Ma vie est double soudain, imprégnée par la musique et l’émotion du film : je prends conscience de la mélodie qui peut venir au fond de moi, de la richesse des émotions, du plaisir de la vie, des histoires, des destins croisés, des chants, des images qui peuvent, définitivement s’ancrer… Je ne savais pas qu’on pouvait être touché à vie par un regard sur un écran. Et d’un seul coup, j’ai compris, que pour moi, il y aurait beaucoup d’images importantes, toujours… Les films, dont je ne sais rien. Les tableaux que je regarde depuis très longtemps déjà, et les autres, à découvrir, ou juste une trace de pinceau. La poésie et les romans. Oui, maintenant, j'aimerai lire. D'un coup. Et écrire, imaginer des mots. Les faire vivre, sur une surface à vous montrer, comme un reflet de mes pensées. Moi qui jusque là fuyais dictées et récitations... A partir de ce jour-là, mon monde serait imagé. Je pourrai toujours aimer le regarder et je pourrai apprendre à me le recréer : paysages, oeuvre d'art, hommes et femmes, musique, colères, tristesses, joies, toi et moi... tracés sur des feuilles de papier et des trames de tissus, avec des écritures graffitées, typographiées, imprimées.
Je ne sais pas être musicienne, je ne pense pas à l’image animée. Mais si je le pouvais, si je savais, si j’avais du temps… En attendant, je me fais quelques plaisirs modestes de couleurs et de mots, et je vais au cinéma…
Si je savais plus travailler et être plus courageuse, je lirais davantage, irais plus au cinéma, et oserais p-ê construire des images plus précises, avec des mots mieux choisis, et des intentions plus fortes. Ne serait-ce pour moi. Et pour toi, maintenant, aussi. J'aimerais cela.
Nous pourrions revoir ce Kielowsky, et les autres. La Double vie de Véronique transporte si bien, d’une culture à l’autre, d’une émotion à l’autre… Et les chants se marient à nos silences aveuglés devant tant de beauté.
Il sortira enfin en DVD (c’est prévu) et repassera à cette occasion sur quelques écrans à des heures impossibles…

20.09.2005

Je voudrais le revoir... n°1 : Bagdad café










J'avais 16/17 ans. Jusque là, le cinéma, c'était juste une occasion de sortir, ou de se faire raconter une belle histoire.
J'engageais des études d'arts appliqués.
Je savais que j'aimais les images et la poésie. Mais je ne savais pas à quel point un film pouvait aussi répondre à mes envies de profondeur, de rêves, de couleurs... Je ne savais pas qu'on pouvait regarder un film pour ses images, comme une bande dessinée. Et en même temps parfaitement lier la forme au sens, à la musique et aux émotions.
Je n'ai pas une grande culture de cinéma. Je ne connais donc pas bcp d'autres films qui pourraient, comme Bagdad Café , cumuler un plaisir d'histoire surréaliste et poétique avec une si belle esthétique des images. Les cadrages, les couleurs, les objets filmés, les détails dans les portraits... accompagnés par ce chant incroyable, ce chant qui fait vibrer l'image et qui nous fait vibrer... Je voudrais connaître d'autres images de la même force. D'autres souffles, d'autres rêves similaires.

Je pense à Arizona dream.
Quoi d'autre ? Si vous avez des suggestions...


Bagdad Café m'a convaincue d'une chose : je veux regarder les autres et la vie au travers de mes propres images. Introduire dans mon imagination chacun des êtres qui m'entourent, les paysages et les objets, pour leur donner une forme qui me serait propre.

Et puis il y ce "I'm calling you" qui resonne très fort. Trop fort. Qui me fait regretter mes années d'étudiante, où je pouvais créer sans me limiter, sans compter, où nous étions bohèmes et amoureux.

Bagdad Café est mis en scène à Lyon. Une comédie musicale qui semble réussie.
Nous pourrions aller la voir. Pour aimer notre vie maintenant, où nous pourrions créer ensemble, sans nous limiter, sans compter, où ne serions bohèmes et amoureux.